Mobilisation pour sauver le trésorerie de Châteauneuf-la-Forêt

30 mai 2018

Contenu de la colonne 1

lettre envoyée à Monsieur le Préfet de la Haute Vienne :

 

Monsieur le Préfet,

 

Trop c’est trop ! Après avoir dû subir les baisses de dotations de l’Etat depuis 2014, les fermetures de classes à répétition, le recul des services ‘anciennement publics’ comme La Poste, les transports ferroviaires, les télécommunications, la liste semble s’allonger à l’infini ; après avoir ponctionné sur les besoins élémentaires de la santé, de l’éducation, de la protection sociale, du logement, des services de proximité, l’Etat envisage désormais de fermer des centres de finances publiques, dont la Trésorerie de Châteauneuf-la-Forêt.

 

Je suis chargé par mes collègues élus communautaires et communaux des 10 communes qui composent notre territoire de Briance-Combade de vous alerter face au fait accompli devant lequel l’Etat nous met aujourd’hui. A l’heure où certains se targuent de vouloir tendre la main à la ruralité, c’est aujourd’hui un véritable camouflet et une bien triste nouvelle que nous devons annoncer à nos citoyens et nous ne pouvons pas nous résoudre à l’abandon qui nous guette de la part de l’Etat.

 

D’une part, une fois de plus, le service public recule encore et la présence de l’Etat ne se résumerait plus qu’à la seule gendarmerie bien peu ouverte, et sous dotée en effectifs. La Trésorerie est utile à tous ! Aux personnes éloignées des nouvelles technologies (pour raisons techniques bien souvent, mais aussi pour des raisons de génération), aux citoyens dont la mobilité est réduite, de par la géographie de notre territoire, et à chacune et chacun d’entre nous qui trouve à proximité une structure attentive et disponible.  Les décisions prises à Paris ou même à Limoges nous semblent être la preuve d’une méconnaissance totale de notre territoire, et tendent à véhiculer une forme de mépris des citoyens, des contribuables. Les habitants de la campagne doivent-ils subir l’injustice de l’éloignement de tous les services publics de l’Etat ?

 

D’autre part, nos collectivités et organismes publics sur Briance-Combade gèrent plusieurs millions d’euros chaque année. Nos agents sont régulièrement en contact avec le Trésorier de Châteauneuf-la-Forêt et c’est dans le rapport humain de proximité que le travail s’effectue en confiance. Je ne saurais penser qu’un trésorier qui suit une quarantaine de structures serait en capacité d’être efficient et disponible pour l’ensemble des acteurs, alors même que les règles de la comptabilité publique ne sont pas en voie de simplification.

 

C’est pour toutes ces raisons, dans la concertation avec l’ensemble des élus du territoire, que nous avons décidé de vous interpeller afin d’avoir des réponses concrètes quant au devenir des services publics à Briance-Combade. Je tiens à vous affirmer par la présente que nous réclamons le maintien de la Trésorerie de Châteauneuf-la-Forêt, avec les effectifs qu’elle aurait toujours dû avoir pour assurer un bon fonctionnement au quotidien.

 

Devant l’absence de concertation avec nos habitants, et une évidente absence de publicité sur le sujet ; nous avons décidé d’organiser la riposte au recul de nos services de proximité. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant des différentes actions que nous allons mettre en place pour maintenir l’activité publique sur la Communauté de Communes, source de maintien économique de Briance-Combade et au-delà, de développement. Je vous demande donc solennellement, de bien vouloir alerter le gouvernement et les services compétents, tant locaux que nationaux, sur le paradoxe insoutenable de dire vouloir tendre la main à la ruralité tout en la dévitalisant du peu de services publics de l’Etat qui existent encore. Ce processus inéquitable pour l’ensemble des citoyens ne saurait qu’accélérer la désertification de nos campagnes et mettre à mal toutes les politiques menées actuellement, dont l’Etat est un partenaire privilégié.

 

Vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien apporter à notre requête collective, je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, en l’expression de mes salutations distinguées.

 

 

 

Le Président,

Yves LE GOUFFE